engrenagesIl vous a fait fondre Sous le soleil tropézien dans le rôle de Benjamin et vous a séduit sur petit écran dans le rôle de l’avocat de Marie Besnard ou le gynécologue de la Présidente de la République. De passage à Monaco, il représente Engrenages, la série noire de Canal +, une fiction dans laquelle il entre dans la peau de Pierre Clément, un charmant vice-procureur de la République tiraillé entre ses profondes convictions et l’envie de bousculer l’ordre établi… 

Monaco.mc : Quels sont les difficultés de ce rôle de substitut du procureur ?

Grégory Fitoussi : Mon personnage est issu de la bourgeoisie bordelaise, je le vois comme un enfant qui s’est réfugié dans les études faute d’autres choses. La difficulté est qu’il ne me ressemble pas vraiment. Il est plutôt coincé. Il n’est pas vraiment rock and roll ! Mais c’est ludique de jouer un personnage dont le caractère est loin de votre propre personnalité. Dans la première saison, il était jeune dans sa tête et plein d’idéaux. Il a choisi de faire du droit par conviction. C’est un personnage pur, un peu naïf. Dans la saison 2, il perd un peu ses illusions. Il se rend compte que ce n’est pas si facile de rester totalement intègre. Il devient plus mature. C’est très intéressant de voir son personnage évoluer et grandir. Mais attention, il reste mignon et carré, il doit encore apprendre à mordre !

Monaco.mc : Qu’est ce qui fait la force d’Engrenages ?

G.F. :   La qualité de l’écriture. Et le fait qu’on ne se moque pas des gens, tout est très réaliste et conforme à la réalité des choses. Nous avons des consultants en permanence sur les lieux de tournage, des magistrats, des policiers… C’est ce qui explique que la série soit crédible et la raison pour laquelle elle est largement diffusée à l’étranger. Les histoires que l’on raconte sont toutes inspirées de faits réels, il y a un grand souci des détails. Il faut savoir que cette série a été imaginée par une avocate. Et même si Engrenages est effectivement une série noire qui se veut très réaliste, il n’y a pas de surenchère sur la violence. Ce n’est pas une série pessimiste, mais réaliste. C’est malheureusement, la réalité qui est sombre.

Monaco.mc : De quelle manière vous êtes vous préparé pour ce rôle ?

G.F. : J’ai assisté à plusieurs procès, je n’avais jamais mis les pieds dans une cours de justice avant ça. J’avais déjà une idée de la plaidoirie, mais surement chargée de clichés. Alors j’ai voulu en écouter plusieurs, pour être bien renseigné sur leur manière de fonctionner, de parler… J’ai rencontré des magistrats qui m’ont parlé de leur métier et de leur quotidien. C’était très important pour bien intégrer mon personnage.

Monaco.mc : Que pensez-vous du fait que l’on compare souvent les séries françaises aux séries américaines ?

G.F : Ce sont deux choses incomparables. Il n’y a pas le même budget, pas le même public. Engrenages est produit par Canal+, ce qui lui donne une plus grande liberté dans le scénario. Mais nous ne copions pas des choses qui existent déjà, Engrenages a son propre style. C’est important que l’on reste français, mais il manque des choses plus innovantes à la télévision.

Monaco.mc : Quelles sont les séries qui vous plaisent ?

G.F : J’ai découvert il y a peu de temps My name is Earl et j’aime beaucoup. C’est un humour décalé qui rappel celui des frères Cohen. C’est ce qu’il manque en France, des choses plus décalées, un peu folles ! 

Monaco.mc : Quelle est votre actualité ?

G.F : En ce qui concerne Engrenages, on commence le tournage de la saison 3 autour du 25 juin. J’ai déjà lu le scénario des 6 premiers épisodes et je peux vous dire que c’est encore mieux que les saisons précédentes, mais je ne peux pas en dire plus ! Sinon, ce ne serait pas drôle… il faut garder le suspens. Au total, nous allons tourner 12 épisodes, alors que les saisons précédentes en contenaient 8. Sinon, j’ai tourné différentes fictions : Quand vient la peur pour France2. Une histoire qui se déroule dans les années 70. Le téléfilm Cartouche avec Frédéric Diefenthal, là encore les costumes étaient de rigueur, l’histoire se passe en 1712. J’adore les films d’époque, on entre tout de suite dans son personnage. Que ce soit quand on met une chemise avec colle à tarte ou des bottes qui montent jusqu’aux genoux ! L’autre plaisir de ce film est de jouer les méchants, c’est assez jouissif, je dois dire ! Je joue également le mari de Sienna Miller dans G.I Joe de Stephen Sommers qui sort en salle le 5 aout prochain. C’était très amusant, on se sent tout petit sur un tel tournage de 200 millions d’euros. J’étais comme un gamin à Disneyland !