Il y a 9 ans, Marie Muller écrivait la première page d’une histoire, celle de Niki de Paimpol. Une marque de maillots de bains à l’image de leur créatrice : colorée, féminine et 100% coquette !

plage_priv_e_4Niki de Paimpol, c’est une histoire…. Celle de Marie Muller, maman de deux enfants qui laisse sur son passage les fragrances du parfum Shalimar. Créatrice de la marque de maillots de bain Niki de Paimpol, cette femme pétillante n’aime pas se mettre en avant, et pourtant ! Elle a tout pour plaire : elle réussi dans les affaires, chez elle la modestie est une évidence, sans oublier qu’elle n’est jamais avare de compliments : « Séverine dirige la boutique monégasque. Elle est parfaite. Je ne lui trouve aucun défaut ! », Clame la patronne. Déterminée et courageuse, cette Azuréenne d’adoption a vu le jour dans la cité phocéenne. On le remarque à son accent ensoleillé perceptible, mais poli par les années passées loin de Marseille. Sympathique blonde, aux yeux fardés, Marie vous accueille à bras ouverts, au second étage du Métropole, dans sa boutique monégasque. Elle s’y rend deux à trois fois par semaine et pas question de faire office de cheftaine ! Elle passe derrière la caisse et conseille les clientes : « C’est primordial d’être sur le terrain, de voir comment les femmes portent les maillots ». Dès les premiers mots échangés, Marie vous met à l’aise, pas de chichi, ni de prétention. Juste un amour inconditionnel de son métier. Résultat ? Elle ramène du travail à la maison. Son mari d’origine allemande voit sa femme peaufiner son art 10 heures par jour. « Depuis 2000, je n’ai pas pris une semaine de congés. Juste quelques jours volés ! » Et au fait, à quoi ressemblent ses créations? Ses bikinis, trikinis et maillots une pièce colorés ont un point commun : ils sont interchangeables et se coordonnent aux accessoires : paréos, chemises, robes… Les prix tournent autour de 150 euros, « du haut de gamme qui reste abordable ». Ils correspondent au concept qu’elle a mis en place dès le début: « Ils habillent les femmes de 4 à 85 ans, un peu comme le dit la chanson », ironise Marie. « Je propose des choses originales, mais jamais vulgaires. Au contraire, ce sont des pièces très classes. J’habille les jeunettes et les femmes mûres qui ont toujours 20 ans dans leur tête, mais qui ne veulent pas être ridicules. Les matières, les coloris sont extravagants, mais les formes correspondent à l’anatomie d’une femme de 60 ans ». C’est ce qui fait la différence. « La femme Niki de Paimpol ? Elle serait Lion, de signe astrologique! », Lance-t-elle avec humour. « C’est une femme de caractère qui a plusieurs facettes. Coquette, féminine, joyeuse, elle aime se faire plaisir et profiter de la vie ». En fait, cette femme ressemble à la créatrice, mais attention, Marie dessine ses maillots pour la cliente qu’elle s’invente, et non pour elle-même. « Je vis plutôt par procuration. Je prends un plaisir immense à conseiller et dessiner pour les autres ».

maillot_2_pieces_argentSes débuts, ses boutiques, ses créations…

Si aujourd’hui, Marie est une créatrice accomplie, aux commandes de cinq boutiques de Monaco aux Caraïbes, c’est qu’elle se laisse guider par son imaginaire. Son regard avisé ne l’a jamais trahi : « Je sens, ressens et pressens les choses. Le choix du tissu est déterminant, ensuite je laisse aller mon imagination pour la forme ». Elle ne se sépare jamais d’un bout de papier qu’elle noircit au gré de ses envies. « Mille et une idées me passe sans arrêt par la tête ». L’inspiration ne prévient pas, elle arrive. Et sa première influence a été le prêt à porter. Petit retour en arrière : Après des études de gestion et des cours de décoration d’intérieur suivies par correspondance, Marie travaille finalement dans la mode et tombe amoureuse des matières ! Elle les veut brillantes et les formes adaptées aux besoins des femmes : « Il faut qu’un maillot de bain cache certaines parties du corps et dévoile ce qu’il faut ! » Alors en 2000, elle fonde sa boîte. « J’aime les challenges et la compétition, mais attention : avec moi-même, pas avec les autres ». Niki de Paimpol était né. Pourquoi ce nom ? Pour son affection à l’artiste Niki de Saint-Phalle, « à son côté provocant, mystérieux, à son amour des couleurs », et pour son fils, Niki, Nicolas en Français, « ça s’est fait quand il était enfant. Et puis j’aime la sonorité de « Paimpol », c’est comme une balle qui rebondit. Et un clin d’œil aux côtes de Bretagne, à la ville de Paimpol ». La première boutique ouvre ses portes à Juan les pins en 2000, l’année suivante à Saint-Tropez puis Monaco en 2002, Cannes en 2005 et pour finir Saint-Martin en 2006. Aujourd’hui, Marie dessine une collection par an et réactualise, en plus, certains modèles au début de l’année. Les difficultés? « Rester fidèle à notre histoire. Ne pas perdre le fil conducteur. Réussir à surprendre sans cesse nos clientes, sans les désorienter. » Innover est sa marque de fabrique : « Je n’ai jamais eu d’entraves. Venant du prêt à porter, j’ai fait des choses que les gens n’osaient pas faire à l’époque comme toucher des tissus brillants, pailletés… Ou un peu extravagants comme des mélanges de mailles, de voiles etc. Je n’avais pas d’à priori, j’étais libre. » Ses créations ont séduit les femmes. Elle a pimenté le maillot de bain d’audace et de glamour ! Et la famille ? Notre créatrice regarde son fils avec les yeux d’une mère comblée. Il a choisie la chirurgie dentaire et se dit peu créatif. C’est pourquoi il est si fier de sa Marie : « Personne ne lui montre quoi faire. Elle part d’un minuscule bout de tissu et donne vie à un maillot de bain. C’est fou ce qu’elle arrive à faire ». La maman est ravie de l’entendre. Sa fille ? Elle a 17 ans et partage le virus de la mode, « peut-être qu’elle prendre ma suite », chuchote la maman. Marie aime rêver. Et en ce moment, elle s’imagine en Floride ou en Californie derrière la caisse de sa boutique made in USA ! A voir, la suite au prochain épisode.

Article paru dans le numéro d'été de l'Observateur de Monaco